Les quatre trĂ©sors du lettrĂ© : pinceau, encre, pierre Ă encre et papier â ce qu’ils rĂ©vĂšlent de la civilisation
Le pinceau, lâencre, la pierre Ă encre et le papier, appelĂ©s « trĂ©sors du lettrĂ© » (ææżććź, WĂ©nfĂĄng SĂŹbÇo), incarnent le cĆur vivant de la calligraphie chinoise. Leur usage rĂ©vĂšle le raffinement de la culture chinoise et la quĂȘte de perfection du geste. Chacun sert un art qui dĂ©passe la simple Ă©criture pour devenir une forme de mĂ©ditation active. Le pinceau module la force de la main, lâencre vibre sur le papier, la pierre façonne la densitĂ©, et le papier Xuan offre son grain, entre absorption contrĂŽlĂ©e et rĂ©activitĂ©. Ces outils, miraculĂ©s de la tradition millĂ©naire, rehaussent la transmission du savoir, la crĂ©ativitĂ© et lâesprit dans la civilisation chinoise. La sĂ©lection de chaque Ă©lĂ©ment nâest jamais anodine : elle reflĂšte les prĂ©fĂ©rences du calligraphe, sa maĂźtrise technique et son Ă©tat dâesprit. Les trĂ©sors du lettrĂ© ne sont pas de simples outils, mais un miroir de la relation intime entre lâhomme cultivĂ© et lâart vivant du trait.
Sommaire
- Le pinceau chinois : plus quâun outil, la mĂ©moire dâun geste
- Des anecdotes marquantes
- Encre de Chine : expression de la profondeur et du mouvement
- Des usages multiples, une matiĂšre vivante
- Pierre Ă encre : lâart de prĂ©parer, symbole de patience
- La pierre Ă encre, objet dâinspiration
- Papier Xuan : le support de la révélation du geste
- Tableau comparatif des papiers utilisés
- Les trésors du lettré, reflets vivants de la civilisation chinoise
- Comparateur interactif : Les quatre trésors du lettré
- Discipline, mĂ©ditation et transmission dans lâart du lettrĂ©
- Les quatre trésors : passage initiatique entre maßtrise, tradition et création
- Exemples et anecdotes de transmission des trésors du lettré
- Quels sont les quatre trésors du lettré et à quoi servent-ils ?
- Pourquoi ces instruments ont-ils une telle importance dans la culture chinoise ?
- Le matĂ©riel traditionnel est-il encore utilisĂ© aujourdâhui ?
- Comment bien entretenir ses trésors du lettré ?
- đïž Pinceau chinois : Articulation entre souplesse, puissance et sensibilitĂ© du geste.
- đïž Encre de Chine : Expression de nuances, profondeur du noir, Ă©nergie du mouvement.
- đȘš Pierre Ă encre : Support de prĂ©paration, symbole de patience et de contemplation.
- đ Papier Xuan : AlliĂ© du lettrĂ©, dĂ©voilant la maĂźtrise et les subtilitĂ©s du pinceau.
- đ Culture chinoise : Les trĂ©sors du lettrĂ© offrent une fenĂȘtre unique sur lâesthĂ©tique, la discipline et la pensĂ©e de la civilisation.
- đš Un art traditionnel vivant : Pratiquer la calligraphie chinoise, câest conjuguer technique, mĂ©ditation et beautĂ©, des dynasties impĂ©riales jusquâĂ aujourdâhui.
Le pinceau chinois : plus quâun outil, la mĂ©moire dâun geste
La calligraphie chinoise reste indissociable dâun instrument unique : le pinceau. Pas moins de trois grandes familles dominent les ateliers. Dâabord, le pinceau Ă poils de chĂšvre (çŸæŻ«, YĂĄnghĂĄo) se distingue par une extrĂȘme douceur. Il permet un tracĂ© fluide, parfait pour Ă©voquer la dĂ©licatesse dâun bambou sur le papier Xuan. Ensuite, le pinceau Ă poils de loup (çŒæŻ«, LĂĄnghĂĄo) prĂ©sente une rigueur et une rĂ©activitĂ© idĂ©ales pour les traits vifs, oĂč lâĂ©nergie du calligraphe sâexprime sans filtre. Enfin, le modĂšle combinĂ©, appelĂ© JiÄnhĂĄo (ć ŒæŻ«), allie ces deux univers. Il possĂšde une couronne en poils souples de chĂšvre et une pointe intĂ©rieure rigide de loup, crĂ©ant un Ă©quilibre subtil entre contrĂŽle et libertĂ©.
Le geste du lettrĂ© commence toujours par la prĂ©paration du pinceau. On Ă©limine la colle qui raidit le pinceau neuf sous lâeau tiĂšde, rĂ©vĂ©lant la souplesse recherchĂ©e. Avant chaque sĂ©ance, mouiller lâinstrument, puis lâimbiber dâencre, sans torsion pour ne pas altĂ©rer lâextrĂ©mitĂ©. Ici, chaque Ă©tape participe de lâart du trait. Le choix du pinceau nâobĂ©it pas Ă une simple logique technique, mais Ă la personnalitĂ© du praticien. Un calligraphe rĂ©servĂ© sĂ©lectionnera un modĂšle plus nerveux, alors quâun esprit rĂȘveur naviguera sur des pinceaux trĂšs souples. Parfois, le mĂȘme calligraphe alterne ses pinceaux lors dâune mĂȘme sĂ©ance, Ă©pousant les rythmes de sa pensĂ©e. Ce rapport intime Ă lâoutil confĂšre au pinceau son statut de « prolongement de la main et de lâĂąme ».
DerriĂšre cette diversitĂ©, la technique du maniement du pinceau forge la singularitĂ© de chaque trait. Tenir le manche verticalement, non pas comme un stylo mais comme une baguette, traduit la volontĂ© de libĂ©rer lâĂ©nergie du bras entier. La pression varie : un appui prononcĂ© plongera le poil pour gonfler la ligne, alors quâune main lĂ©gĂšre nâeffleurera que la pointe. Les lettrĂ©s chinois, par cette pratique, voient le pinceau comme le lieu oĂč sâincarne lâĂ©quilibre entre maĂźtrise et spontanĂ©itĂ©, concentration et lĂącher-prise â valeurs cardinales de la culture chinoise classique.
Le pinceau façonne ainsi la capacitĂ© dâimproviser, dâexprimer ou de contrĂŽler. Au fil du temps, certains se transmettent de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, tĂ©moins de la permanence du savoir-faire artisanal. Le choix du pinceau, la maniĂšre de le tenir, lâintention du geste : autant de rituels partagĂ©s par les artistes classiques et les jeunes calligraphes dâaujourdâhui. Dans les ateliers contemporains, ce sont encore ces gestes hĂ©ritĂ©s qui initient les nĂ©ophytes Ă la calligraphie chinoise et ses arts, perpĂ©tuant vivacitĂ©, rigueur et sensibilitĂ©.

Des anecdotes marquantes
Les grands maĂźtres de lâhistoire, tel Wang Xizhi sous la dynastie Jin, personnalisaient leur pinceau, parfois en dĂ©corant le manche de jade ou dâosier. Ce geste rĂ©vĂ©lait un lien unique Ă lâoutil, bien au-delĂ de la simple utilitĂ©. Cette tradition perdure, certains ateliers dâart personnalisant encore des outils selon la main du calligraphe. Le pinceau chinois reste ainsi, aujourdâhui encore, la trace vivante de lâindividu au sein de la vaste mĂ©moire collective.
Encre de Chine : expression de la profondeur et du mouvement
Lâencre occupe une place privilĂ©giĂ©e parmi les trĂ©sors du lettrĂ© : elle incarne la matĂ©rialisation de lâesprit sur la feuille. Depuis prĂšs de 2 800 ans, la tradition de lâencre de Chine sâest transmise, avec une fabrication raffinĂ©e Ă partir de noir de fumĂ©e, de colle et dâĂ©lĂ©ments vĂ©gĂ©taux. La combustion dâhuile ou de bois de sapin donne naissance Ă une gamme de couleurs du noir profond au gris perle. Cette richesse chromatique permet de traduire nuances, atmosphĂšres et intentions. La prĂ©paration de lâencre, patiemment frottĂ©e sur la pierre Ă encre, symbolise la lenteur crĂ©atrice propre Ă lâart traditionnel chinois.
La forme la plus respectĂ©e demeure le bĂątonnet dâencre Ă frotter. Le temps de broyage module la texture : plus on frotte, plus lâencre sâĂ©paissit, et lâajout dâeau nuance encore la densitĂ©. Pour les gestes impĂ©tueux, une encre dense souligne la puissance, tandis que des lavis subtils naissent dâune dilution prĂ©cise. Depuis le XXe siĂšcle, lâĂ©mergence de lâencre liquide conditionnĂ©e a progressivement Ă©largi le public de la calligraphie. Si les puristes privilĂ©gient encore la tradition, de nombreux artistes apprĂ©cient la praticitĂ© de lâencre prĂȘte Ă lâemploi, dĂ©sormais dâune trĂšs bonne qualitĂ©.
Au sein des ateliers, on observe des procĂ©dĂ©s originaux : certains artistes conservent le broyat Ă©pais dans un coin de la pierre Ă encre, pour lâutiliser dans des traits incisifs, tout en prĂ©parant un lavis clair pour les nuances. GrĂące Ă cette mallĂ©abilitĂ©, chaque Ćuvre calligraphique possĂšde une palette expressive unique. Lâencre sâadapte, orchestre la respiration du texte, et devient le fil invisible reliant chaque segment de lâĆuvre. Cette alchimie touche Ă un aspect spirituel : dans la pensĂ©e confucĂ©enne et taoĂŻste, lâencre nourrit la maĂźtrise du vide et du plein, du visible et de lâinvisible.
Des usages multiples, une matiĂšre vivante
Lâencre de Chine trouve sa place dans dâautres disciplines. Les paysages de peinture Ă lâencre de style shanshui, chers Ă la tradition, emploient de subtils lavis rĂ©alisĂ©s avec les mĂȘmes recettes ancestrales. PoĂštes, peintres et calligraphes, maĂźtres et dĂ©butants, apprennent Ă doser et Ă aimer les variations de ce matĂ©riau vivant selon lâhygromĂ©trie ou la lumiĂšre du jour. Dâun Ă©norme bĂąton de la province de lâAnhui Ă lâĂ©lĂ©gance des encres de la dynastie Song, lâencre de Chine nâa jamais pĂąli face au temps.
Pierre Ă encre : lâart de prĂ©parer, symbole de patience
La pierre Ă encre, ou YĂ ntĂĄi (ç ć°), est bien plus quâun simple ustensile : elle structure le rituel du lettrĂ©, associant patience et prĂ©paration. ForgĂ©e dans la pierre, parfois dans le jade, la laque ou mĂȘme le bronze, elle offre une surface creusĂ©e et lĂ©gĂšrement rugueuse oĂč la magie opĂšre. Le calligraphe dĂ©pose un peu dâeau, puis frotte le bĂąton pour libĂ©rer une pĂąte dâencre, ajustant la densitĂ© au besoin.
Les pierres Ă encre les plus prĂ©cieuses proviennent de Duan ou Shexian, connues pour leur porositĂ© idĂ©ale. Certaines arborent gravures poĂ©tiques, dragons, ou dĂ©cors floraux, et deviennent des objets de collection autant quâoutils du quotidien. On en trouve Ă tous les prix, lâessentiel rĂ©sidant dans la rĂ©gularitĂ© de la surface et une taille adaptĂ©e Ă la main. Un modĂšle muni dâun couvercle protĂšge lâencre de lâĂ©vaporation, garantissant son humiditĂ© pour la session suivante.
Lâusage ne sâarrĂȘte pas Ă la prĂ©paration ; la pierre, une fois lavĂ©e Ă lâeau claire, prolonge sa longĂ©vitĂ©. On recommande de conserver toujours un peu dâeau dans le rĂ©servoir pour maintenir lâĂ©quilibre hygromĂ©trique naturel. Chez le lettrĂ©, la pierre Ă encre symbolise la patience, la minutie, mais aussi lâinscription du geste dans le temps long, Ă lâopposĂ© de la prĂ©cipitation contemporaine. Chaque sĂ©ance devient une parenthĂšse mĂ©ditative oĂč la concentration sâinvite dâelle-mĂȘme.

La pierre Ă encre, objet dâinspiration
Plus quâun accessoire, la pierre peut inspirer par sa forme ou sa qualitĂ© dâexĂ©cution. Certains laissent sur leur bureau une pierre dĂ©corative, simplement pour nourrir lâesprit de contemplation. Les ateliers contemporains renouvellent lâart de la pierre Ă encre en proposant des modĂšles Ă©purĂ©s ou revisitĂ©s, mĂ©langeant lâhĂ©ritage de la tradition crĂ©ative et les besoins actuels des artistes et amateurs Ă©clairĂ©s.
Papier Xuan : le support de la révélation du geste
Le papier Xuan (柣çșž), icĂŽne des trĂ©sors du lettrĂ©, fascine par sa polyvalence et sa rĂ©ceptivitĂ©. Issu de fibres de santal, mĂ»rier ou paille, il sâest imposĂ© pour sa texture, sa blancheur ivoire et surtout sa capacitĂ© dâabsorption. On distingue deux variantes principales : le ShÄngxuÄn (ç柣), brut et trĂšs absorbant, et le ShĂșxuÄn (ç柣 ou 仿柣), semi-traitĂ©, donc moins absorbant et plus lisse. Le choix du papier influence chaque nuance, chaque interaction entre lâencre et le trait.
Pour lâentraĂźnement, les Ă©lĂšves privilĂ©gient un papier dâherbe, le MĂĄobiÄnzhÇ (æŻèŸčçșž), bon marchĂ©, Ă la texture grossiĂšre et au ton jauni. Les maĂźtres, eux, sâorientent vers le Xuan de qualitĂ© supĂ©rieure, permettant une conservation durable et une valorisation des Ćuvres exposĂ©es. Sur ce papier noble, lâencre se diffuse, rĂ©vĂ©lant la virtuositĂ© du pinceau, mais exigeant une grande justesse dans la gestion de lâhumiditĂ© et de la pression.
Les formats varient : feuille, rouleau, carnet, selon la destination (calligraphie, peinture dâencre, estampes). La rĂ©putation du papier Xuan traverse les frontiĂšres : il est Ă la base de la majoritĂ© des Ćuvres calligraphiĂ©es depuis la dynastie Tang (618-907) et continue dâĂȘtre exportĂ© Ă travers le monde en 2026 pour lâusage des artistes internationaux. Le papier cristallise la philosophie du « laisser-faire » : lui, si fragile en apparence, se rĂ©vĂšle le socle de la pĂ©rennitĂ© dâune Ćuvre et dâune pensĂ©e.
Tableau comparatif des papiers utilisés
| đ Type de papier | đš Usages | âš CaractĂ©ristiques |
|---|---|---|
| ShÄngxuÄn | Calligraphie, peinture, lavis | TrĂšs absorbant, naturel |
| ShĂșxuÄn | Calligraphie dĂ©taillĂ©e | Moins absorbant, lisse |
| MĂĄobiÄnzhÇ | EntraĂźnement | Ăconomique, couleur jaunĂątre |
Le papier devient, par sa souplesse, la passerelle entre tradition, innovation et maĂźtrise du geste calligraphique. Il invite Ă explorer dâautres arts chinois, comme lâart du jardin ou la poĂ©sie, en bĂątissant des ponts entre disciplines.
Les trésors du lettré, reflets vivants de la civilisation chinoise
Bien au-delĂ dâun simple matĂ©riel de calligraphie, ces quatre trĂ©sors traduisent les valeurs structurantes de la culture chinoise : respect du temps long, goĂ»t de la rĂ©pĂ©tition, recherche dâun Ă©quilibre entre rigueur et inspiration. DĂ©signĂ©s ainsi sous les Tang (618-907), puis cĂ©lĂ©brĂ©s sous les Song (960-1279), ils participent Ă la formation des Ă©lites, marquant la diffĂ©rence entre le lettrĂ© et lâhomme du commun. Lâusage de ces outils rĂ©vĂšle la vision du monde propre Ă la civilisation chinoise : lâart sây pense comme une discipline globale, reliant le geste, lâintellect et la spiritualitĂ©.
Ă lâinstar de la cĂ©rĂ©monie du thĂ©, de la musique au guzheng ou au pipa, lâart de la calligraphie exprime, Ă travers ses instruments, la quĂȘte dâharmonie entre lâhomme et la nature. Les dĂ©corations des pierres Ă encre, la noblesse recherchĂ©e du papier, les motifs inscrits sur le manche du pinceau tĂ©moignent dâune obsession pour lâharmonie et la continuitĂ© de la tradition. La calligraphie devient ainsi un langage, oĂč chaque trace du pinceau illustre le dialogue silencieux entre lâindividu et lâhistoire collective.
Ce patrimoine se perpĂ©tue ; en 2026, ateliers et Ă©coles multiplient les activitĂ©s pour transmettre les gestes fondateurs Ă de nouveaux passionnĂ©s. Que vous soyez artiste, Ă©tudiant, ou simplement curieux, sâinitier Ă ces quatre trĂ©sors, câest prendre place dans une chaĂźne ininterrompue de transmission du sens.
Comparateur interactif : Les quatre trésors du lettré
Cliquez sur lâen-tĂȘte pour trier par catĂ©gorie| TrĂ©sors 🔽 | MatĂ©riau | Usage | SpĂ©cificitĂ©s | Impact esthĂ©tique |
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Discipline, mĂ©ditation et transmission dans lâart du lettrĂ©
Lâengagement envers lâart de la calligraphie ne se mesure pas seulement Ă la maĂźtrise des outils, mais Ă lâattitude face Ă lâapprentissage. Pour beaucoup, lâutilisation assidue du pinceau et de ses compagnons devient un chemin dâautorĂ©gulation : contrĂŽler sa respiration, stabiliser sa main, mĂ©diter sur chaque tracĂ©. Les ateliers proposent souvent des exercices dâĂ©chauffement, assis dans le silence, la feuille Xuan devant soi, la pierre Ă encre prĂ©parĂ©e lentement. Par cette prĂ©paration, le lettrĂ© se discipline, canalise lâintensitĂ© intĂ©rieure et sâancre dans lâinstant prĂ©sent.
En Chine, la calligraphie fut longtemps la voie privilĂ©giĂ©e des Ă©lites et des fonctionnaires. Elle offrait la possibilitĂ© de gravir lâĂ©chelle sociale, Ă condition dâallier compĂ©tence et Ă©thique. Ces rituels, transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, rĂ©sonnent aujourdâhui dans lâenseignement : patience, discipline quotidienne, acceptation de lâerreur. Le geste imparfait devient alors source dâapprentissage et motif de progrĂšs. Les compĂ©titions de calligraphie, toujours trĂšs populaires, cĂ©lĂšbrent cette alliance entre esprit et corps.
Cette approche globale offre Ă tout adepte une expĂ©rience de mĂ©ditation active. Partager son travail, exposer ses Ćuvres sur le mur dâune piĂšce, remettre un manuscrit manuscrit lors dâune fĂȘte, autant de maniĂšres de transmettre, dialoguer et enrichir le patrimoine vivant de la culture chinoise.
Lâapprentissage de la calligraphie et lâusage des quatre trĂ©sors offre, en somme, une synthĂšse de toutes les qualitĂ©s humaines recherchĂ©es dans la civilisation : endurance, humilitĂ©, humanisme et ferveur crĂ©ative.
Les quatre trésors : passage initiatique entre maßtrise, tradition et création
Les trĂ©sors du lettrĂ© offrent un terrain dâexploration inĂ©puisable. Pour le novice, les premiers gestes sont hĂ©sitants ; la souplesse du pinceau dĂ©range, la duretĂ© de la pierre Ă encre fascine, la feuille Xuan absorbe peut-ĂȘtre trop vite lâencre. Peu Ă peu, lâapprenti dĂ©couvre que chaque outil guide son apprentissage. Les calligraphes racontent souvent comment un pinceau « bien nĂ© » a dĂ©clenchĂ© une rĂ©vĂ©lation technique, ou comment une pierre particuliĂšre a Ă©veillĂ© lâamour du rituel.
Certains collectionneurs contemporains vont jusquâĂ rechercher des pierres Ă encre ou des papiers Xuan antiques. On assiste, ces derniĂšres annĂ©es, Ă la crĂ©ation de piĂšces novatrices, mariant design contemporain et savoir-faire ancestral. Pour beaucoup, la rencontre avec ces quatre instruments assure une connexion intime Ă lâhistoire ; leurs collections sâenrichissent parfois de centaines de modĂšles, chacun porteur dâune singularitĂ©.
Ă travers le monde, expositions, ateliers et rĂ©sidences de calligraphie multiplient les Ă©changes culturels. Des collaborations avec des artistes calligraphes de renom, notamment au Japon et en CorĂ©e, confortent lâidĂ©e que les quatre trĂ©sors du lettrĂ© dĂ©passent les frontiĂšres, tout en maintenant une esthĂ©tique et une exigence typiquement chinoises. MĂȘme dans la vie quotidienne, la symbolique de ces outils infuse les valeurs de respect, de prĂ©cision et dâharmonie entre passĂ© et avenir.
LâĂ©volution des styles sâaccompagne enfin de nouvelles pratiques : calligraphie urbaine, performances publiques, mariages entre peinture, musique (musique traditionnelle chinoise) et calligraphie. En terre de Chine, la tradition sait se renouveler en sĂ©duisant des gĂ©nĂ©rations entiĂšres par la modernitĂ© de son hĂ©ritage.
Exemples et anecdotes de transmission des trésors du lettré
Lâapprentissage de la calligraphie dans la Chine dâaujourdâhui prend des formes plurielles. Des Ă©coles spĂ©cialisĂ©es dispensent des cours du soir ; des ateliers temporaires dans les galeries dâart accueillent enfants et adultes le week-end. Des familles perpĂ©tuent la transmission en offrant, lors de grands Ă©vĂ©nements, un coffret contenant les quatre trĂ©sors Ă leurs descendants. Ces objets symbolisent lâentrĂ©e dans le monde du lettrĂ©, Ă lâinstar dâune cĂ©rĂ©monie de passage. Des clubs sâorganisent autour de la pratique et de la collection dâinstruments de calligraphie, exposant fiĂšrement leurs plus beaux pinceaux ou pierres Ă encre lors de concours rĂ©gionaux.
Dans la ville de Suzhou, rĂ©putĂ©e pour ses jardins, haut-lieu de lâart traditionnel, on sâinitie Ă la calligraphie au cĆur dâun jardin dâeau, prolongeant lâexpĂ©rience dâharmonie entre homme, geste et nature. Ailleurs, dans les vieux quartiers de PĂ©kin, des ateliers conviviaux enseignent aux plus jeunes comment choisir leurs premiers pinceaux, dĂ©couvrant ainsi, par la pratique, le lien indissociable entre civilisation, esthĂ©tique et discipline personnelle.
Parfois, câest Ă travers le partage de poĂšmes que la transmission sâenracine. RĂ©diger et offrir un poĂšme calligraphiĂ© pour le Nouvel An Chinois perpĂ©tue la tradition et ravive le dĂ©sir de prĂ©server la flamme des trĂ©sors du lettrĂ© Ă chaque gĂ©nĂ©ration.
Quels sont les quatre trésors du lettré et à quoi servent-ils ?
Le pinceau permet de calligraphier ou peindre, lâencre donne profondeur et nuances, la pierre Ă encre sert Ă prĂ©parer cette encre, et le papier rĂ©vĂšle chaque subtilitĂ© du geste. Ensemble, ils sont indispensables Ă la pratique de la calligraphie chinoise et tĂ©moignent de lâhĂ©ritage culturel du pays.
Pourquoi ces instruments ont-ils une telle importance dans la culture chinoise ?
Ils reprĂ©sentent lâart du geste, la rigueur de lâapprentissage, la mĂ©ditation et la capacitĂ© Ă relier tradition et crĂ©ation. Leur usage renforce le lien entre lâindividu et la civilisation et traverse les siĂšcles, restant symbole de raffinement et dâexigence.
Le matĂ©riel traditionnel est-il encore utilisĂ© aujourdâhui ?
Oui, en 2026 comme autrefois, pinceau, encre, papier et pierre à encre demeurent incontournables en calligraphie. Le matériel traditionnel coexiste avec des innovations, touchant autant les artistes professionnels que les débutants.
Comment bien entretenir ses trésors du lettré ?
Toujours nettoyer pinceaux et pierre Ă encre Ă lâeau claire, conserver lâencre liquide Ă lâabri de la lumiĂšre, laisser un peu dâeau dans la pierre pour prĂ©server lâhumiditĂ© et stocker le papier Xuan au sec.
Pour prolonger lâexploration des arts traditionnels en Chine, il peut ĂȘtre intĂ©ressant de dĂ©couvrir lâhistoire fascinante des hutongs de PĂ©kin ou encore lâart exquis de la cĂ©rĂ©monie du thĂ© façon Gongfu Tao, autre pilier de la civilisation chinoise.



